mercredi 2 mars 2016

Dimanche 7 mai 1989 : Le Daval - Bussang.

Au matin, je me rends à pied au village de Ventron pour chercher du pain et une cartouche de gaz pour le réchaud en panne. J'observe le manège de deux corneilles qui s'évertuent  à chasser une buse de leur territoire. Après plusieurs essais infructueux, la buse s'éloigne, poursuivie à coup de becs par les deux corneilles.
Ventron est un joli village, aux fermes éparpillées sur les flancs de la montagne.
Après le petit déjeuner, les tentes repliées, nous démarrons à 10h.

Nous montons vivement à travers bois, débouchons près des trois anciennes fermes du Riant. Nous atteignons le Haut du Riant. Les pâtures tournent à l'état sauvage et sont envahies par les genêts et les bruyères. Le chemin se rétrécit, bordé de noisetiers.
Continuant à monter, nous arrivons au sommet du téléski du Frère Joseph (1065 m). A nos pieds, l'ermitage du Frère Joseph. Un grand toit abritant une maison basse, surmonté d'un clocher : la chapelle où habitait au XVIIIe siècle un ermite. Malheureusement, le lieu est abîmé par le tourisme, avec un hôtel-restaurant. Nous n'y descendons pas. Nous mangeons sur les hauteurs.
Restant sur la crête de ce plateau solitaire, dans une belle forêt de hêtres truffée de quelques sapins vosgiens au vert foncé, le GR atteint Forgoutte (1009 m). Quelques pas plus loin, se dissimule dans les résineux la croix du Frère Joseph. Nous passons près d'une ancienne mine de cuivre où subsiste une petite galerie.
Nous continuons sur une crête vers le sud-ouest puis amorçons notre descente. Nous rejoignons une route pour atteindre les premières maisons de Larcenaire, hameau surplombant Bussang : petite cité, centre de tourisme d'été et d'hiver sous le col éponyme, près de la source de la Moselle.
Nous ne descendons pas en ville. La route passe près d'une auberge. On la quitte pour emprunter un chemin qui suit la courbe de niveau. On atteint à 18h30 une petite ferme.

Apercevant notre petite famille et les filles chargées, une vieille dame nous salue avec un bel accent vosgien : « vous v'là ben guêtrés ! » On lui demande alors si on peut s'arrêter près de chez elle pour passer la nuit. Elle nous indique un replat herbeux où nous pouvons monter les tentes. Son troupeau de chèvres tourne autour de nous, donnant quelques coups de cornes indignés aux filles intimidées.
Nous installons le campement. Caroline et Audrey s'amusent à se faire peur pour la nuit. « Les chèvres, c'est pas méchant ? » Elles s'endormiront quand même... 


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